Lituano-canadien, 15 janvier 1908–15 décembre 1969
« Je me souviens de mon premier tableau, j'avais un seul but, peindre la vie autour de moi avec beaucoup d'enthousiasme. Je n'ai pas changé d'avis… Puis, un jour, beaucoup de secrets commencent à se dévoiler et l'on comprend que ce ne sont pas des secrets, mais des choses de la nature et qu'elles sont là pour qu'on les voie. » Sam Borenstein, 1941

Sam Borenstein est né en Lituanie, en 1908. En 1921, après une enfance déchirée par la guerre en Pologne, il s’installe à Montréal avec son père et une de ses sœurs. Il vivra ensuite deux ans à Ottawa en tant qu’apprenti chez un fourreur, puis revient à Montréal où il travaille comme coupeur dans une usine de vêtements. Malgré une éducation jusque là limitée, Sam Borenstein suit des cours du soir en arts, où il étudiera la sculpture auprès d’Elzéar Soucy et le dessin auprès d’Adam Sheriff Scott et de John Y. Johnstone. Pendant la même période, il fréquente aussi d’autres artistes montréalais, notamment les peintres Alexandre Bercovitch, Fritz Brandter, Herman Heimlich et Louis Muhlstock.

 

Décrit comme un expressionniste canadien, Borenstein emploie le style expansif qui lui est propre pour représenter les taudis de Montréal et les villages des Laurentides, et pour faire le portrait de sa famille et de ses amis. Ses couleurs vives, sa perspective tordue et son sens du mouvement rappellent les œuvres des maîtres européens qu’il admire, en particulier Van Gogh, Vlaminck, Utrillo et Soutine. Sa première exposition solo a lieu en 1934 au Coffee House de Montréal. Au cours d’un voyage, qu’il effectue en 1939, en Bretagne, Borenstein a l’occasion de voir les œuvres des artistes qu’il admire depuis longtemps et son œuvre se sera ensuite plus affirmée. À partir de 1940, il commence à peindre le paysage laurentien et son travail exubérant et expressif retient rapidement l’attention.

 

En 1966, trois ans avant son décès, Borenstein fait l’objet d’une rétrospective à la galerie d’art de l’Université Sir George Williams (aujourd’hui, connu sous l'appellation: Université Concordia).



Sam Borenstein mourut prématurément en 1969, alors qu’il était encore méconnu à travers le Canada. Il laisse toutefois derrière lui un héritage et une œuvre, connaissant une notoriété en plein essor. Nous lui avons rendu hommage, en 1978, par le biais d’une exposition rétrospective non-commerciale. Joyce Borenstein, la fille de l’artiste, a créé et réalisé un documentaire exceptionnel intitulé « Les couleurs de mon père » (1993), qui a été mis en nomination à Hollywood pour un Oscar. Au cours des années 2005 et 2006, une autre rétrospective majeure de son œuvre a été mise sur pied par le Musée des Beaux-Arts de Montréal et a ensuite été présentée dans trois provinces canadiennes, dont deux grandes expositions à Toronto et à Sackville, au Nouveau-Brunswick. Ses tableaux ont aussi occupé une place importante au sein de l’exposition du Musée McCord / Musée national des beaux-arts du Québec, intitulée « Les peintres juifs de Montréal » (2008). Plus récemment, c’est la Yeshiva University Museum de New York qui lui a rendu hommage en organisant une rétrospective solo à New York, en 2011.

 

Dernièrement, la Ville de Montréal, dans le cadre du projet de développement résidentiel pour l’arrondissement Ville-St-Laurent, a donné le nom de Sam Borenstein à l’un de ses espaces urbains. À ce jour, la Place Sam Borenstein est le dernier honneur ayant été accordé à l’héritage laissé par ce grand artiste canadien.

 

Sur une autre note, le marché des tableaux de Sam Borenstein a connu une croissance rapide au cours des dix dernières années et ceux qui ont eu la chance et le flair d’acquérir l’une de ses toiles dans les années 1950 ou 1960, ont pu voir leur investissement considérablement fructifier.

 

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