« C'est une vision infernale d'un pays de fer, de machines, de bateaux, de fumées, l'évocation d'une activité forcenée, d'un tumulte ordonné, une puissance sûre de soi. Il a su dégager ce qu'il y a de grand dans cette puissance mécanique et en même temps d'harmonieux. Le départ d'un transatlantique est toujours émouvant, les arabesques de fer, des machines et des grues offrent au peintre un thème riche et divers. Adrien Hébert cherche à exprimer toute la beauté de ces spectacles, et il y est parvenu souvent. » Comœdia, un journal culturel français, en 1931, concernant une exhibition où Hébert a exposé des peintures illustrant le port de Montréal.

Adrien Hébert, fils du sculpteur Louis-Philippe Hébert et de Maria-Emma-Cordélia Roy, est né à Paris, le 12 avril 1890. Il passe son enfance autant au Canada qu'en France, où son père est mandaté pour faire une série de sculptures de bronze pour la façade du parlement à Québec. De 1902 à 1911, il étudie au Conseil des Arts et Manufactures au Monument national auprès d'Edmond Dyonnet, Joseph-Charles Franchère et Joseph Saint-Charles et ensuite auprès de William Brymner à la Art Association of Montreal. À 21 ans, il repart pour Paris avec son père et s'inscrit à l'École des beaux-arts de Paris. Adrien Hébert revient à Montréal en 1914 et enseigne au Conseil des Arts et Manufactures. En 1917, il prend possession de l'atelier du peintre Napoléon Bourassa. De 1917, et cela jusqu'en 1954, il donne des cours de dessin à la Commission Scolaire de Montréal.

 

Adrien Hébert expose pour la première fois au Salon du printemps de la Art Association of Montreal en 1909, et ensuite il y présentera régulièrement des œuvres jusqu'en 1954. De 1910 à 1960, ses tableaux sont exposés lors des expositions annuelles de l'Académie royale des arts du Canada. En 1916, il présente une exposition à la bibliothèque Saint-Sulpice de Montréal avec son frère, le sculpteur Henri Hébert (1884-1950). En 1919, le Cercle Universitaire de Montréal présente sa deuxième exposition. En 1922, Adrien Hébert retourne à Paris et s'initie à la gravure sur bois. À son retour au Canada vers la fin de l'été 1923, il revient avec une quarantaine de toiles, dont vingt-huit sont exposées à la Bibliothèque Saint-Sulpice.

 

Dans les années 1920, Adrien Hébert développe un intérêt à peindre la ville de Montréal et son port. Il crée des œuvres représentant les rues de la métropole, souvent celles situées près de son studio sur la rue Sainte-Julie. Celles-ci illustrent les images de piétons allants et venants et de voitures et de tramways circulant dans les rues trempées de pluie ou balayées par la neige. L'activité au port l'impressionne énormément, les bateaux déchargeant des cargaisons, le travail des débardeurs, et la beauté de l'architecture du port, illustrée par les grands silos à grain et les passerelles reliant les hangars. Il voyait dans le progrès technologique un facteur favorisant le changement social.

 

En 1931, à la Galerie A. Barreiro de Paris, Adrien Hébert expose une vingtaine de toiles sur ses thèmes favoris. Cette année-là, la ville de Montréal lui commande, pour la décoration du chalet du Mont-Royal, un grand tableau historique représentant l'arrivée de Jacques Cartier à Hochelaga en 1535.

 

En 1932, il devient associé de l'académie Royale des Arts du Canada. Il expose chez Eaton à Montréal en 1934, et en 1936 il reçoit le prix Jessie Dow lors du Salon du Printemps de la Art Association of Montreal. Hébert est nommé vice-président du Arts Club of Montreal en 1937, et président l'année suivante. Il se joint Pen and Pencil Club de Montréal, en 1939. En 1940, il reçoit pour la seconde fois le prix Jessie Dow lors du Salon du Printemps du Art Association of Montreal. En 1941, il est élu membre de l'Académie royale des arts du Canada. En 1953, il reçoit son troisième prix Jessie Dow par la Art Association of Montreal pour son tableau S.S. Empress of Canada.

 

Henri Hébert est décédé à Montréal à l'âge de 77 ans. Un mois après le décès de l'artiste, le maire Jean Drapeau offrait un de ses tableaux du port de Montréal au général Charles De Gaulle, à l'occasion de la visite de ce dernier à l'Expo 67. En 1971, le Musée des beaux-arts du Canada organise l'exposition Adrien Hébert, trente ans de son œuvre, et, à l'été 1993, le Musée nationale des beaux-arts du Québec lui rend hommage avec une exposition consacrée à l'ensemble de son œuvre.

 

Collections:

- Musée des Beaux-Arts du Canada (Ottawa)

- Musée des Beaux-Arts de Montréal (Montréal)

- Musée National des Beaux-Arts du Québec (Québec)

- Musée d'Art de Joliette (Joliette, QC)

- Musée d'Art Contemporain de Montréal (Montréal)

- Musée de la Civilisation (Québec)

- Musée des Beaux-Arts de Sherbrooke (Sherbrooke, QC)

- Musée de Nîmes (Nîmes, France)

- Musée Le Havre (Le Havre, France)

- Art Gallery of Ontario (Toronto)

- Art Gallery of Hamilton (Hamilton, ON)

- Edmonton Art Gallery (Edmonton, AB)

- The Robert McLaughlin Gallery (Oshawa, ON)

- McMichael Canadian Art Collection (Kleinburg, ON)

- Musée de Lachine (Lachine, QC)

- Musée Laurier (Victoriaville, QC)

- Musée Louis-Hémon (Péribonka, QC)

- Musée Marguerite Bourgeoys (Montréal)

- Library and Archives Canada (Ottawa)

- Musée des Hospitalières de L'Hôtel-Dieu de Montréal

- Musée des Ursulines de Trois-Rivières (QC)

- Musée du Château Ramezay (Montréal)

- La Pulperie de Chicoutimi (Chicoutimi, QC)

- Université Concordia (Montréal)

- Université de Montréal (Montréal)

- Power Corporation du Canada (Montréal)

 

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