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DAVID MILNE (1882-1953)

 
 
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Galerie Alan Klinkhoff
David Milne
Une demi-douzaine de roses dans un vase avec livres sur une table, 1940
Aquarelle 13 3/4 x 16 po. (Vendu)
Vue détaillée
 
   
  Biographie  
   
 
Outre tout ce qui a été écrit sur David Milne, depuis sa biographie par Alan Jarvis jusqu’au traité des plus approfondis de David P. Silcox intitulé Painting Place: The Life and Work of David B. Milne en passant par Reflections in a Quiet Pool : The Prints of David Milne de Rosemarie Tovell, il importe de savoir que l’artiste était lui-même un écrivain prolifique qui a laissé derrière lui une grande quantité de notes et de lettres personnelles. C’est en parcourant tous ces documents – analyses, critiques, anecdotes personnelles et notes historiques sans oublier l’excellent Catalogue Raisonné of the Paintings compilé par David Milne Jr et David P. Silcox que j’ai d’ailleurs utilisé comme mon propre fil d’Ariane pour me guider dans les méandres de la vie de Milne – que j’ai commencé à perdre l’artiste du vue. Plus je lisais à son sujet, plus tout devenait confus et plus il m’était difficile d’établir un rapport avec lui. C’est alors que je me suis dis que pour ce faire, je devais trouver le fil qui avait cousu sa vie, son talent et sa créativité ensemble.

Le plus grand legs de Milne est sans doute son art. C’est donc là que j’ai commencé à chercher la clé qui allait me permettre de mieux comprendre le génie derrière l’homme et qui, sans le savoir, allait me faire vivre une aventure pour le moins peu orthodoxe dans la vie exceptionnelle de Milne.

À l’instar des chapitres d’un livre, la riche et prolifique carrière de Milne est divisée en périodes distinctes marquées par des changements dans sa vie personnelle et par la recherche inlassable de nouvelles images. Ces deux éléments qui ont marqué sa vie sont indissociables, cimentés par le destin et par la fatalité.

« Milne était comme une éponge », a écrit David Silcox. « Il absorbait les réalités de son époque parce qu’il était à la fois original et sensible. Ses peintures, qui témoignaient bien sûr de la société de son temps, étaient également un reflet de son personnage. »

Milne (1882-1953) est né dans une petite ville de l’Ontario. Sixième et dernier enfant de la famille, Milne avait quatre frères et une sœur. Les Milne menaient une vie frugale, vivant essentiellement des produits d’un petit jardin et de lavages à la maison. De ce que l’on sait, Milne a pris goût à l’art dès sa plus tendre enfance et son intérêt s’est ravivé plus tard quand il est devenu enseignant.

La voie artistique de Milne était tracée depuis les tout débuts de sa vie comme en font foi ses études par correspondance ainsi qu’un long séjour à New York où il a étudié à la Art Students’ League.

En examinant la carrière de Milne, la première chose qui frappe, c’est son approche unique et son esthétique à nulle autre pareille en matière de peinture. Même si Milne était un contemporain du Groupe des Sept, il n’en partageait nullement la vision et encore moins le lieu de résidence. En effet, pendant que J.E.H. MacDonald, Lawren Harris, Arthur Lismer, F.H. Varley, A.Y. Jackson, Frank Johnston, and Franklin Carmichael vantaient la beauté sauvage des paysages canadiens, Milne vivait et travaillait à longueur d’année aux Etats-Unis.

Modestes par comparaison, les œuvres de Milne passaient plus facilement inaperçues que les peintures monumentales et inédites du Groupe des Sept; en outre, son côté plutôt réservé tranchait nettement avec les prises de position non équivoques du Groupe des Sept.

Pour un homme plutôt « silencieux », ainsi que l’a décrit Robert Ayre, Milne a tout de même laissé une marque indélébile non seulement dans l’histoire de l’art canadien, mais encore à l’étranger. En effet, en 1913, cinq peintures de Milne ont été choisies pour la réputée exposition Armory à l’Arsenal de New York. Organisée à l’Arsenal du 69e régiment à New York sous les auspices de l’Association of American Painters and Sculptors, l’exposition présentait des œuvres d’artistes de renommée internationale comme Matisse, Picasso, Braque, Léger, Derain, Vlaminck, Kandinsky, Brancusi, Duchamp, Delacroix, Cézanne, Monet, Redon et Van Gogh. En tout, près de mille trois cents œuvres y ont été exposées, ce qui permet d’affirmer que les peintures de Milne comprenant « Little Figures », « Distorted Tree », « Columbus Circle» (ou « Billboard »), « The Garden » et « Reclining Figure », étaient en « bonne compagnie ».

Mais pendant que la scène artistique internationale était témoin de l’émergence de nouveaux styles les uns après les autres, du post-impressionnisme au cubisme en passant par le dadaïsme et le surréalisme, Milne, de son côté, traçait lentement mais sûrement sa propre destinée de peintre.

Et s’il faut à tout prix comparer les œuvres de Milne, il faut le faire avec les toiles des fauvistes, un groupe d’artistes disparates dont les toiles ont confondu les critiques d’art qui étaient incapables de les placer dans une catégorie. Le fauvisme n’a duré qu’à peine trois ans, soit de 1905 à 1908, et ses représentants, y compris Derain, Matisse, Dufy et Braque, étaient des artistes qui n’en avaient que pour la couleur et l’exubérance visuelle.

Caractérisé par l’abandon de l’approche et de la perspective classique, par l’utilisation de la couleur pure et par la modification de la relation entre le peintre et la réalité, le fauvisme a changé le cours de l’art. Cette forme de peinture consistait à libérer la couleur et la forme et pour reprendre la citation de Matisse sur les peintures fauvistes, « aucun point n’est plus important qu’un autre. »

Toujours selon Matisse, « À mon avis, l’expression provient moins de l’arrangement du sujet que de la composition d’une image, de la façon de placer les choses, de l’atmosphère et des espaces vides qui les entourent. »

Les notes de Milne semblent confirmer ce point de vue quand il écrit, « L’art n’a pas d’objectif, les objectifs étant fixés et connus d’avance. L’art chemine toujours vers l’inconnu. C’est pourquoi l’art est dynamique et non statique. » Pour lui, « l’art est une émotion esthétique épuisante dont l’intensité ne peut se supporter que brièvement ».

L’intensité de l’émotion est précisément ce qui lie Milne aux fauvistes comme en témoigne le côté séducteur de ses compositions.

Ce charme repose sur l’économie d’expression de Milne et sur son choix de scènes de la vie quotidienne comme sujet de prédilection. Sa mission consistait à « exprimer le plus avec le moins ». Milne était véritablement passé maître dans l’art de réduire ou de simplifier, de tout ramener à sa plus simple expression. Ses peintures de mouvements physiques sont marquées au coin de la délicatesse et de la précision zen, la forme étant suggérée par quelques lignes de couleur. Dans Lady of Leisure, une aquarelle réalisée à New York du temps de l’exposition Armory, Milne a fait à grands traits le portrait de son épouse, Patsy Hegarty, en le définissant avec des points de couleur chatoyants; la simplicité de l’œuvre qui en résulte est tout simplement incroyable et à couper le souffle.

Pour Milne, c’était une belle époque, quoique trop brève, de sa vie qui, à vrai dire, n’a jamais été facile. Les problèmes d’argent étaient monnaie courante, tandis que sa reconnaissance comme artiste ardait à venir. Cependant, Milne semblait se contenter de son existence modeste, recherchant toujours la solitude à la campagne. C’était comme s’il n’avait pas perdu ses racines . . . comme si sa vision était demeurée inaltérée et avait échappé aux tendances qui fusaient de partout dans le monde occidental au cours de la première moitié du siècle dernier.

Amant de la nature, tout comme les artistes du Groupe des Sept, Milne était un mélange complexe de visionnaire et de pragmatiste. Son approche au travail était d’une rigueur quasi mathématique, ramenant son sujet à quelques entrecroisements de lignes et de couleurs, au mépris du superflu.

Il travaillait intuitivement et passionnément. « Les images, déclare-t-il, ne sont qu’un sous-produit des efforts du peintre. L’important, c’est l’effort, la force génératrice en soi. »

Mais Milne est toujours parvenu à imprégner les plus simples de ses sujets de lyrisme de même que d’une brillance presque surréelle.

« Je pense qu’il en est des fleurs comme de l’art parce que les deux sont inutiles, » écrit-il. « Les fleurs et l’art ont pour nous, du moins pour certains d’entre nous, une existence réelle et complète, sans loi ni maître. Par amour de l’art et par amour des roses, nous créons de véritables paradis dans nos jardins ou sur nos toiles. »

Mais ces petits édens ont eu tôt fait de céder le pas à des moments plus sombres. En 1918, en pleine Première Guerre mondiale, Milne s’engage dans l’armée comme simple soldait à son retour à Toronto. C’est dans un camp d’instruction à North Wales que Milne se rend compte de l’existence d’un programme d’emploi pour artistes. Résultat : en 1919, il devient officiellement un artiste de guerre, tout comme l’étaient d’autres artistes canadiens, dont Varley, Jackson et Cullen.

Pendant qu’il était dans l’armée, Milne a été particulièrement prolifique. Après avoir réalisé trente-sept peintures dans divers campements en Angleterre, Milne s’est rendu dans la région de Vimy-Arras en France, où il est demeuré jusqu’à la fin de juillet 1919. Par la suite, Milne est allé peindre dans les régions d’Ypres-Passendale et de la Somme. Plus de soixante-dix œuvres ont marqué cette période.

Ces ouvrages, pour la plupart des aquarelles en demi-sec (technique maîtrisée à la perfection par Milne), présentent des scènes de répercussion de la guerre; cependant, contrairement aux scènes de dévastation très chargées et émotionnelles de Varley, les représentations de Milne sont dépourvues de drame et d’horreur. Plutôt stylisées et élégantes, ses œuvres sont davantage une vision personnelle de l’artiste, conforme à son personnage et à son style.

Au sujet d’une des ses œuvres intitulée Bramshott: The London-Portsmouth Road peinte en Angleterre en 1919 et où l’image a été réduite à un entrecroisement de tons contrastants, Milne écrit dans une de ses lettres : « Je l’ai exécutée sur le chemin de Portsmouth, à contre-jour, à un moment où les formes éclairées et ombragées étaient à leur limite (noir et blanc). J’ai séparé les formes noires les unes des autres par des bordures brisées de couleur brillante – du noir kaki avec des bordures jaunes pour les cercles imparfaits, du noir avec du bleu vif pour les bleus d’hôpital, du noir avec du vert-bleu pour les kilts des soldats du régiment Black Watch et du noir avec des bordures rouge brique pour les kilts des membres du 48e régiment. »

Cette réduction quelque peu froide d’une scène poignante à une mosaïque picturale ne nous permet pas de qualifier Milne de sans-cœur. Au contraire, cela ne fait que le rendre plus humain, l’artiste étant aux prises, comme de nombreux autres avant lui, avec sa vision créatrice omnifiltrante. Cette œuvre m’a fait penser à Monet au chevet de sa femme, tourmenté par l’angoisse et par le besoin irrépressible de transformer l’image qui s’offrait à lui en une toile de lumières et d’ombres, séduit qu’il était par les ombres qui lentement transformaient les traits du visage de son épouse.

Il ne faut pas oublier que Milne était un homme tranquille qui aimait réfléchir et qui n’était aucunement porté sur les excès. Ses peintures sont, elles aussi, tranquilles, parfois même atrocement lyriques. « Le pouvoir de ressentir est ce qui dynamise l’art », a-t-il déjà dit, et ses œuvres témoignent bien de son unique sensibilité.

Le style de Milne a un je-ne-sais-quoi d’oriental, caractérisé par la délicatesse et l’élégance, par une simplicité qui ne peut venir que d’une profonde introspection.

Il a vécu seul pendant plusieurs années dans une cabane retirée qu’il avait lui-même construite, toujours motivé par son art.

Il ne fait aucun doute que l’engagement de Milne envers son art a eu une incidence sur sa vie personnelle. Même s’il a été qualifié par certains de mégalomane pour qui la seule chose qui comptait était la peinture – et c’est peut-être vrai – pour une critique d’art, tout ce qui importe, c’est l’art. Et quand on mesure l’étendue et l’ampleur de l’œuvre de Milne, l’art est vraiment tout ce qui doit importer.

Pour pleinement comprendre jusqu’à quel point la peinture était vitale pour Milne, mentionnons tout simplement que l’artiste n’a pas eu la vie facile pendant des décennies et qu’il a même sacrifié son mariage au nom de l’art.

Milne a traversé des périodes de grande privation pendant lesquelles il n’a jamais perdu de vue son objectif et n’a jamais succombé au désespoir. Il a peinturé jusqu’à la toute fin de sa vie, les ton fluctuants de ses peintures témoignant de son tourment intérieur. Vivant à Uxbridge, où il s’est établi en 1940, et aux prises avec des problèmes de santé et avec des difficultés financières, Milne a peint une série de toiles nocturnes (Scaffolding) marquées par des couleurs sombres omniprésentes et des façades d’immeuble fantomatiques. L’effet de ces toiles est saisissant, celle-ci ayant été réalisées, comme Milne en avait l’habitude, avec une économie de moyens. Ce n’est que vers la fin de sa vie que les couleurs pâles commencent à réapparaître sur les toiles de l’artiste. Peinte en 1951, la toile Lighted Streets se démarque considérablement des peintures nocturnes (Scaffolding). Réalisée à partir d’un dessin fait pendant qu’il était à l’hôpital, cette œuvre est chatoyante de proportions ésotériques.

La lumière devient encore plus éthérée dans les toiles de la série Storm over the Islands, toutes des peintures exécutées avec émotion et douceur. Ces toiles sont comme des illustrations de poèmes orientaux haïku imbues d’une note de sensibilité qui ne laisse personne indifférent.

« L’art n’est pas une imitation de quoi que ce soit, d’un rêve, d’un souvenir ou d’une vision », a écrit Milne « L’art a sa propre existence, une émotion que nous ne pouvons trouver nulle part ailleurs dans la vie, si ce n’est dans l’art lui-même. »

Milne a sans doute été l’un des artistes canadiens les plus talentueux et originaux. C’était un solitaire tout comme Emily Carr, qui a toujours fait ce qu’il voulait, résistant aux tendances à la mode pour créer son propre style et sa propre philosophie en tant que peintre.

Épris de scènes intérieures intimes et sans prétention, Milne occupe une place spéciale dans les annales de l’histoire du Canada.

Source: Catalogue David Milne Exposition Rétrospective, Galerie Walter Klinkhoff (2001). Text de Dorota Kozinska. Vous pouvez commander ce catalogue illustré, édition limitée pour la somme de 10 $..

© Copyright Dorota Kozinska and Galerie Walter Klinkhoff Inc.
 
   
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